Tout en flânant le long des rues, le promeneur découvre les monuments qui révèlent la richesse du patrimoine de Najac.

L’église, qui adopte le style gothique Languedocien, et dont les proportions sont monumentales, a été élevée à la demande des inquisiteurs Dominicains grâce à la participation des habitants, dont plusieurs, suspectés d’hérésie, ont été condamnés au paiement d’une forte amende pour racheter leurs fautes. L’architecture éminemment sobre de ce vaste coffre de pierre, que contrebutent d’énormes contreforts, est éclairée par des fenêtres constituées de dalles ajourées. La nef unique, large et haute, était adaptée au prêche, aux réunions publiques et à l’accueil des pèlerins qui pouvaient y contempler des reliques. Ces derniers recevaient l’hospitalité dans l’auberge Saint-Jacques, située en face de l’église.
Cette chapelle qui conserve l’essentiel de son ordonnance architecturale, et dont subsiste le portail d’entrée, était autrefois associée à un hôpital et à un cimetière. Elle relevait de la Dômerie d'Aubrac. Confisquée au titre des Biens nationaux et vendue pendant la Révolution, elle a été transformée en maison d'habitation.
Cet ouvrage défensif, contemporain du château fort édifié par Alphonse de Poitiers, faisait initialement partie de l’enceinte qui ceinturait la ville jusqu’au 18ème siècle. La porte, couverte par un arc en plein cintre, était surmontée par une chambre haute destinée à en défendre l’accès, et défendue par un assommoir permettant de pilonner d’éventuels assaillants.
Ancienne résidence affectée à l'administration royale, puis propriété de différentes familles nobles se livrant au négoce pendant la fin du Moyen Age, le bâtiment conserve d'importants vestiges architecturaux (arc de boutique, fenêtres, placards, conduit de latrine) datant du 13ème, 14ème et 15ème siècles. Le bâtiment est aujourd'hui en cours de restauration et d’aménagement.
Construite au bas du château fort, cette demeure de la fin du Moyen Age, qui conserve des fenêtres à meneaux, une échauguette et les fragments d’une peinture murale, passe pour avoir été la résidence du sénéchal du Rouergue, à l'époque où Najac - alors peuplée d'environ 3000 âmes - était la capitale administrative et judiciaire de la province du Rouergue.

Cette fontaine publique creusée dans un bloc monumental de granite rose, occupe la partie centrale du village. Une dédicace en latin rappelle la date de sa construction et les noms des consuls qui en furent les commanditaires. Les armes de Najac (un château fort), un évêque bénissant (l'évêque de Rodez Gilbert de Cantobre), un roi portant la barbe, et des personnages aux figures énigmatiques en ornent la cuve décagonale.

Aménagée pour y développer des marchés, la place, longue et étroite, est bordée par deux rangées de maisons qui formaient un lotissement linéaire. Au sud, les maisons en pierre ou à pans de bois des 15ème et 16ème siècles, alignées, se prolongent par des couverts sous lesquels étaient abritées les marchandises à vendre. Une saignée correspondant à une demie canne (1 m. environ) creusée dans un pilier rappelle la nécessité qu’avaient les agents consulaires d’étalonner les pièces de draps de laine, de lin ou de chanvre vendues par les marchands étrangers aux mesures de Najac.
Construit le long de la route primitive qui menait à Villefranche-de-Rouergue, ce pont à dos d’âne permettait aux marchands, ainsi qu'aux pèlerins qui se dirigeaient vers Compostelle, de franchir l'Aveyron en toutes saisons. Les seigneurs locaux, puis les consuls qui agissaient pour le compte du roi de France y tenaient un péage, percevant d'importantes taxes (tonlieu) sur les personnes et les marchandises.